Entreprises et biodiversité


Dépendance des entreprises vis-à-vis de la biodiversité

Toutes les entreprises, indépendamment de leur taille et de secteur, dépendent et impactent la biodiversité et les écosystémiques. La biodiversité conditionne les activités économiques, et celles-ci influencent à leur tour l’évolution de la diversité du vivant. La biodiversité est à la fois source de profits et de coûts, d’où l’importance cruciale d’une réflexion sur son intégration aux stratégies d’entreprises. Les opportunités sont nombreuses: sécuriser les chaines d’approvisionnement, se différencier des concurrents et attirer de nouveaux clients, réduire les dépenses liées aux achats et augmenter l’efficience des processus, développer et mettre sur le marché de nouvelles technologies peu impactantes, pénétrer de nouveaux marchés, anticiper les évolutions réglementaires.

La prise en compte des enjeux et défis que constitue la biodiversité pour les humains est le préalable à un changement de regard, une lecture différente de nos activités qui permet alors d’identifier combien cette biodiversité peut être source pour les acteurs d’opportunités mais également de risques. Ce faisant, le point de vue de l’acteur s’enrichit d’une prise en compte plus large du système et de l’identification des parties prenantes, que ces enjeux peuvent impliquer directement ou indirectement. Les relations entre humains à propos de la biodiversité ne sont pas binaires et rarement linéaires.

La biodiversité génératrice des services écosystémiques

Organisée en écosystèmes, la biodiversité sous-tend des processus écologiques (pollinisation, fixation de l’azote, épuration de l’eau, fixation du carbone, etc.) qui permettent de maintenir l’équilibre dynamique de la biosphère. Parce que ce fonctionnement du tissu vivant planétaire et les processus induits contribuent aux activités et au bien-être des sociétés humaines, on parle de services rendus par les écosystèmes, c’est-à-dire de services écologiques. C’est entre 2001 et 2005, qu’une étude globale menée par 1360 scientifiques issus de 95 pays a évalué l’importance des écosystèmes pour le bien-être humain (MEA, 2005), développant ce concept de « services fournis par les écosystèmes » ou services « écosystémiques » comme principal outil d’analyse et de communication.

Les services écosystémiques abordent les questions de biodiversité d’un point de vue anthropique et donnent ainsi une lecture du système vivant, non pas en expliquant son fonctionnement, mais en décrivant les bienfaits que les humains tirent des écosystèmes. Les catégorisant sous quatre qualificatifs, ils regroupent des éléments dont la liste ne peut être exhaustive :

Services d’approvisionnement

Produits fournis par les écosystèmes. Notamment les produits alimentaires, l’eau stockée et recyclée par les écosystèmes naturels, les matériaux génétiques utilisés dans les biotechnologies, les matières premières comme le bois, les minerais, l’énergie fossiles, etc.

 

Services de régulation

Ils se réfèrent aux bienfaits obtenus par la régulation que réalisent les processus écosystémiques. Notamment la préservation de la qualité de l’air, la régulation du climat (la couverture végétale participant à l’évapotranspiration, la température, etc.), la régulation des eaux comme le contrôle de l’érosion, la fertilité des sols, la pollinisation, le contrôle biologique des pathogènes, etc.

Services d’habitat et de soutien

Appelés aussi services d’entretien, ils regroupent les services nécessaires à la production de tous les autres services écosystémiques. Notamment la production d’oxygène par la photosynthèse, les cycles de l’eau et des nutriments (carbone, azote, phosphore, etc.).

Services culturels

Ils sont les bienfaits non matériels que les humains tirent des écosystèmes. Ils relèvent de l’enrichissement spirituel, du développement cognitif, de la réflexion, de l’agrément et des expériences esthétiques. On pense ainsi notamment, au tourisme, à l’art, les traditions, l’architecture, les valeurs spirituelles et religieuses, les connaissances traditionnelles et formelles ainsi que les valeurs éducatives ou le sentiment d’appartenance.

 

L’importance de ces « services gratuits » ne se limitent pas à leur dimension de bien-être ni à leur fonction de moyens d’existence. Ils présentent du point de vue économique, un surcroît de valeur considérable.